Toutes Griffes dedans 1/2

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Un jour, c’était prévisible, ils n’ont plus su quoi faire de moi. Quand j’ai eu seize ans, je me suis retrouvé à la maison avec maman qui déprimait, quelques appels de papa, le poste de télévision pour m’occuper, et tous mes livres dans la bibliothèque. J’ai commencé à errer, à regarder voler les mouches, à tuer le temps comme je le pouvais. Parce que je ne pouvais pas compter sur les potes. De toute façon, ce mot n’est pas dans mon vocabulaire. Oh, ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais l’amitié non plus ne m’a finalement jamais été très autorisée! Peu importe, face aux désertions j’ai appris à me blinder. Je ne m’attache pas, je ne veux plus être déçu. Des amis, je n’en ai pas besoin. Seul l’amour compte.

L’amour… Tiens, parlons-en. Je me suis longtemps demandé si celui de mes parents ne me suffirait pas. Ce serait si confortable. Pas besoin de batailler, aucun risque d’abandon ; il est acquis. Je ne vais pas vous faire un dessin, mais j’ai vite compris qu’on ne pouvait pas vivre seulement de celui-là. J’ai donc retroussé mes manches, et j’ai cherché. Longtemps. Très longtemps. Sans grand succès. Désormais, je comprends mieux pourquoi : je m’y suis mal pris ; j’ai toujours été gauche, je dois l’admettre. Et puis, les quelques filles que j’ai tenté de séduire, en vérité, je ne les aimais pas ; je ne les désirais pas. Je testais, c’est tout. D’une certaine manière, je teste encore. Disons seulement que je cerne un peu mieux les objets de mes désirs. Un peu.

Depuis tout ça ? Le temps a passé. J’ai grandi, vieilli ; je me suis calmé ; je parviens mieux à canaliser mes colères et certaines de mes angoisses ; je me noie dans la masse. Je m’en suis bien sorti, je crois. Je me suis fait une raison. Bien sûr, je sais que, pour ma vie entière, presque tous me regarderont comme ça, de façon étrange. Peut-être qu’aucune femme ne voudra m’aimer, que les hommes aussi me fuiront, et que je vieillirai seul à compter les jours ou les heures qui me rapprocheront de ma délivrance. Tant pis…

En attendant, je fais comme eux : j’essaye de faire semblant. Comme je le peux, je répare leurs injustices, j’écris, je comble les failles. Et j’espère, je ne peux pas faire autrement. Quitte à parfois m’impatienter. Et à sortir les griffes.

A suivre

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