A la fin le silence

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Les fidèles de ce blog, et ceux qui me connaissent, le savent: depuis que j’ai découvert ses mots, leur musique si délicate, leur force, Laurence Tardieu occupe une place particulière dans mon cœur. Ses livres tout autant. C’est elle, d’ailleurs (j’y tenais beaucoup!), qui inaugura les « Vues d’auteur » que vous êtes toujours nombreux à lire malgré le temps qui a passé (et je vous en remercie, au passage…). Son dernier roman, paru à la rentrée, porte un titre magnifique. Comme un respiration. Un appel à la réflexion qui tombe à pic en cette période si lourde, si trouble. « A la fin le silence » ou comment (ré)apprendre la distance pour mieux s’apaiser, souffler, se reconstruire…

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@Hermance Triay

Au départ, Laurence Tardieu comptait écrire un livre sur la perte de sa maison de famille, une belle demeure pleine de ses souvenirs, sur la Côte d’azur. Elle s’appliquait à dire son chagrin de la voir partir en d’autres mains, souhaitait laisser une trace du lieu de son enfance, celui qui l’a construite. Quand surgirent les attentats de janvier 2015… Alors tout changea, s’écroula. L’urgence, soudain, ne fut plus la même. La violence du dehors força la porte de l’intime. Bouleversée, la mère de famille qu’elle était (enceinte, qui plus est!) ne sut plus reprendre le cours de sa vie. La peur l’envahit, le chagrin aussi, jusqu’à s’immiscer dans son corps, dans son âme. Du jour au lendemain ce fut toute une vie, personnelle autant que sociale, qu’il fallut rebâtir. La légèreté à retrouver, si possible.

Au fil du récit on le découvre:  ces deuils à entreprendre, différents, douloureux n’étaient peut-être pas si insurmontables. Car le matériau principal de ce vaste chantier possède depuis toujours puissance et grâce: l’écriture. La petite musique de Laurence Tardieu, fragile et superbe, se fait une nouvelle fois entendre dans ce roman personnel et intimiste. Qui touche à l’universel en nous parlant du poids des douleurs, du chagrin, et de ce corps dont on ne sait plus quoi faire quand la peur et les blessures de l’âme l’accaparent. Sans doute la femme ne s’était jamais autant dévoilée qu’ici, sous les mots de l’écrivaine bien décidée à recoller les pièces d’un puzzle subitement pulvérisé.

Ed. du Seuil, 173 pages, 16 euros.

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