Roland est (toujours) mort

 

563778939Pourquoi ne parler que des sorties récentes? Puisque je suis resté loin d’ici pendant un (long) moment, autant rattraper un peu du temps perdu, et évoquer quelques jolies pépites parues ces derniers mois. Comme ce «Roland est mort» apparu aux premiers jours du printemps, venu d’un auteur singulier et prometteur. Et que je vous recommande chaudement. Il donne du baume au cœur, le réchauffe pour longtemps.

A 40 ans, Nicolas Robin est l’auteur de trois romans. Si les deux premiers avaient échappé au plus grand nombre, le dernier -lui- a obtenu un bel écho, largement mérité. «Roland est mort» est rien moins qu’un ovni littéraire qui déstabilise, intrigue, agace peut-être, avant finalement de cueillir le lecteur. Et de l’embarquer dans une aventure loufoque, parsemée d’émotions. Et franchement addictive.

Roland, c’est le voisin de palier du narrateur. Un vieux loup solitaire dont il ignorait tout. Il vient d’être retrouvé mort. Au bout d’un mois. La tête dans la gamelle du chien. Le narrateur n’entendra plus les chansons de Mireille Mathieu que Roland écoutait fort, en boucle. A vrai dire, ça n’est pas plus mal : il déteste les chansons de Mireille Mathieu ! Mais, parce qu’ils ne savaient qu’en faire, les pompiers qui sont venus chercher le corps lui ont confié son chien, un caniche. Et puis, plus tard, les cendres de Roland… Que va-t-il bien pouvoir faire de tout ça ? Pas de doute, il préférait sa vie d’avant. Une vie de chômeur, adepte de films pornos. Et si tranquille. Sans chien ni personne pour lui polluer l’existence.

Derrière l’humour mordant, Nicolas Robin signe un roman percutant, qui laisse des traces. Celui de deux solitudes qui d’une drôle de façon se croisent et se répondent. Une critique de la société aussi. Les copains des années lycée qu’on retrouve par la grâce des réseaux sociaux et à qui on n’a rien dire, mais on doit bien faire semblant… La mode des coachs également. Bref, on rit beaucoup tout au long de ses pages. Jusqu’à la conclusion, surprenante, qui tire les larmes et nous fait refermer ce livre pas comme les autres avec regret. De son écriture incisive, volontairement répétitive, intensément musicale, l’auteur impose un style qui n’appartient qu’à lui. Original et décoiffant. A coup sûr la naissance d’un bel écrivain.

Ed. Anne Carrière, 250 pages, 18 euros.

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