Eh, toi, l’ami(e)…

Eh toi, l’ami(e), tu te souviens de ce que tu me disais au temps de nos mots doux, de nos grandes déclarations, quand on se disait qu’on se manquait parce qu’on ne s’était pas vu depuis un moment, pas parlé depuis quelques heures ou quelques jours? Tu te souviens de nos fous rires, des larmes qu’on écrasait parce que la vie nous était rude, de nos épaules qu’on se tendait quand on en avait besoin? Toi, l’ami(e), tu te souviens des grandes promesses, de nos certitudes d’éternité, des petits plaisirs qu’on s’accordait juste parce que, toi et moi, c’était unique, qu’on se comprenait, souvent même sans se parler, d’un seul regard ou d’une respiration? Tu te souviens de nos textos quotidiens, de notre complicité, du duo imparable qu’on formait, contre vents et marées? C’était hier, tu ne peux pas avoir oublié, n’est-ce pas?

Un jour, brutalement ou peu à peu, nos appels ont cessé. 
Parce que tu avais besoin d’un coup de pouce, je t’ai aidé, rendu service, longtemps, souvent, autant que j’ai pu. A toi ou à celui (celle) qui partage ta vie, mais c’est la même chose, non?… Et puis un jour je n’ai plus pu, alors tu m’en as voulu. En oubliant que je n’étais pas décisionnaire, et que si je ne le pouvais plus c’est que sans doute je traversais quelques intempéries. Tu t’es tu(e), tu as ignoré mes demandes d’explications, coupé tout dialogue. Blessé(e), il paraît. Tu ne m’as plus répondu.
Tu m’as soutenu dans les moments les plus noirs, puis quand le ciel s’est éclairci, tu m’as fait quelques scènes de jalousie qui m’ont d’abord fait sourire. Puisque ma réaction n’était pas à la hauteur de tes attentes, tu t’es mis à poster sur mon mur Facebook des messages sybilllins que toi seul semblait comprendre. Cela ne suffisant pas, tu es passé aux tâcles publics sur le même mur, que je supprimais au fur et à mesure. Jusqu’à ce que, le cœur broyé, je te dise stop. Et que, sans un mot, tu t’enfonces dans un silence définitif.
Ou alors, en toute confiance, je t’ai fait quelques confidences. Brûlantes, les confidences. Et, toi, à dessein, tu les as répétées pour que les concerné(e)s sachent. «Pour t’aider», tu m’as dit. «Parce que tu ne peux pas rester dans cette situation!». Alors, tu m’as mis dans une merde plus noire encore que celle dans laquelle j’étais… Sans plus jamais prendre des mes nouvelles ensuite. Je comprends, tu n’as pas que ça à faire, l’ami(e), ta petite carrière à travailler, ton nombril à admirer. Peu importe les conséquences, tu t’es donné bonne conscience en jouant les Mère Teresa passées par l’enfer: on croit faire du bien, on fait du mal, beaucoup de mal, on culpabilise deux secondes, puis on s‘en fout… Là, c’est moi qui t’en ai voulu. Tu ne comprends pas? Oh, sur ce coup là, je te crois sincère, ne t’inquiète pas! Mais laisse-moi te donner un conseil : brise les miroirs qui sont sur ton chemin; ils sont bien trop envahissants, trop déformants. Après cela, tu verras, tu comprendras mieux…
Tu ne te reconnais pas sur tous les aspects que je viens de décrire, l’ami(e) ? Normal, tu es plusieurs. Comme si un seul chagrin, une seule colère, ne suffisaient pas. 

Tu vas être étonné(e) peut-être, mais je ne t’en veux pas tant que ça, tu sais… Plus le temps passe, plus ton silence se fait pesant, et plus j’en suis certain: nous n’avons pas la même définition de l’amitié, c’est comme ça. Quelle importance, au fond? On peut se tromper, après tout… Toi comme moi.

Attends, ne pense pas si fort, je t’entends d’ici: «Il joue les victimes…». Si ça te fait plaisir, alors d’accord, pense-le. Cela changera quoi, au fond, à ton petit confort, à mes fureurs, à nos blessures? Je croyais que tu faisais partie des meilleur(e)s, l’ami(e). J’en étais sûr. Je me suis trompé. Cela n’a rien d’extraordinaire, ça s’appelle « la vie ». Sache seulement que les plaies, même béantes, finissent toujours par se refermer chez les gens comme moi. Mais que les blessures d’amitiés sont parfois plus fortes que celles d’amour. Et que, oui, en dépit de tout tu me manques. Je l’ai déjà écrit ici et ailleurs: je déteste les départs auxquels il manque un au-revoir.

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