"Tu crèves…"

« Tu crèves. Regarde-toi, tu crèves. La gueule ouverte, le sourire béat, la larme à l’œil et les nœuds dans le bide. Tu crèves à feu doux en trouvant ça beau parce que tu espères toujours qu’un jour le ciel s’ouvrira enfin, que ta patience sera récompensée. Mais, en amour, il n’y a pas de patience. Cesse ton romantisme à deux balles. Attendre que l’autre change et se transforme en libellule quand ce n’est encore qu’un crapaud, c’est pour les films à l’eau de rose ou les romans de gare. On ne change pas. Un crapaud ne devient jamais libellule. Tu le sais. On ne change jamais vraiment. On croit qu’on y parvient, et puis très vite le naturel reprend le dessus. Je ne veux pas avoir l’air d’une vieille conne, mais nul besoin d’avoir fait des études de psy pour le savoir. Il suffit juste d’observer. Tu as des amis, non ? Ils ne te le disent pas? Certains d’entre eux ne l’ont-ils pas déjà vécus ? Tu crois ton histoire unique, tu vois l’autre unique, mais tu te plantes, camarade. Gravement. Toutes les histoires d’amours foireuses se ressemblent. On veut dompter l’autre, l’inciter à changer, et puis on se gaufre… C’est comme ça. Il n’y a pas d’exception. Aucune. Tu es bien placé pour le savoir. Réveille-toi. Ca ne peut plus durer. Deux ans déjà. Deux ans à guetter le changement de climat, à t’enfoncer un peu plus à chacune de ses avancées. Mais quand verras-tu que ces avancées ne sont qu’illusoires, tout juste faites pour décimer les quelques forces qu’il te reste? Quand t’apercevras-tu que, face à toi, c’est du mépris que tu trouves malgré les sourires tendres de façade, les petits mots qui disent qu’il n’y a que toi et que la vie ne serait pas tout à fait la vie si tu n’existais pas ? Réveille-toi. Bouge. Rebondis. Tu vaux tellement mieux. Ouvre les yeux. Regarde autour de toi. Cesse d’être l’enfant capricieux qui rêve de ce qu’il n’a pas, de ce qu’il n’aura jamais. Arrête de te perdre, retrouve ta dignité, relève la tête. Il est encore temps. Et crois-moi, je t’en prie. Crois-moi. »

Elle, c’est ma petite voix. Elle me parle toute la journée. J’écoute, j’entends, et puis j’oublie. Je sais bien qu’elle a raison. Mais faut-il lui faire un dessin pour qu’elle comprenne combien on s’abandonne plus facilement qu’on abandonne ? Elle le sait ; elle fait semblant de l’ignorer. Pas moi.
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Une réflexion sur “"Tu crèves…"

  1. Ces mots feront écho dans les têtes de beaucoup…comme quoi on devrait toujours faire confiance à sa petite voix, ou alors est-ce à nous-même que nous devrions accorder davantage de confiance?

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