"Les Pédés au bûcher", le retour.

 
Lorsque « Nos bonheurs fragiles » est paru, à l’automne 2009, je m’attendais à quelques réactions hostiles. Pas seulement sur le livre lui-même, surtout sur ce qui en constituait son thème central. Certes, on m’a bien rapporté quelques propos déplacés, deux ou trois intolérances déguisées derrière les sourires d’usage, une pseudo compassion et quelques mots gentils. Sur ce registre, des anecdotes, vous l’imaginez bien, j’en ai des dizaines. En revanche, de l’hostilité pure et dure, à haute voix, frontalement, non, je n’en ai pas eu. A une exception près: une lettre envoyée aux Editions Léo Scheer, mon éditeur. Un courrier anonyme, bien sûr.
Alors que mariage et adoption feront bientôt l’objet d’un projet de loi et que des campagnes haineuses commencent déjà à se mettre en place avec leurs lots de clichés et de démesures en tout genre, j’ai voulu publier ici de larges extraits de ce courrier. Elle n’est pas signée d’une voix isolée, loin s’en faut. Elle n’est pas « exceptionnellement » violente, encore moins menaçante. Elle témoigne seulement du long, du très long chemin qui reste encore à parcourir. Aux yeux de certains, aimer ne donne pas les mêmes droits selon qui l’on aime. Et être homo interdirait au bonheur, garantirait honte et souffrance…
Bien sûr, ayant plus de respect pour elle qu’elle en a eu pour moi, par souci de discrétion j’ai amputé la lettre de cette « charmante » inconnue des passages au cours desquels elle évoquait sa vie et celle de son fils… Si jamais cette femme venait -par je ne sais quelle coïncidence étrange et improbable- à lire ce blog, je veux lui dire combien sa douleur la trompe. Et que cette douleur-là, aussi immense et compréhensible soit-elle, n’excuse rien.
Voici cette lettre :
« A l’instant je viens de terminer votre livre. Je ne peux pas dire que ce fut des heures de plaisir, plutôt des moments de souffrance, parfois j’ai eu envie de le jeter par la fenêtre.
Je ne sais pas, mais je le crois, vous êtes sûrement homosexuel. S’il en est ainsi je vous plains !
Je disais « c’est une tare », mon époux « une maladie ». Il disait également « j’aurais dû faire médecine. J’aurais travaillé pour trouver un remède à cela dans les gênes ».
Je n’ai jamais rencontré « un homo » heureux. Sa vie est en « dents de scie », faite de déceptions, souvent de regrets et de honte…
Je vous dis cela parce que mon fils était homosexuel, il est mort à 39 ans. Depuis l’âge de 10 ans ses penchants se sont révélés. J’ai compris que sa vie serait un calvaire… et elle l’a été. Parce qu’aujourd’hui c’est pire qu’hier, il y a le sida ! Tous le savent mais leur pulsion est si forte qu’ils oublient tous les risques. (…)
Etre « homo » est vraiment une maladie, pire que le cancer. Le cancer, on peut l’avoir un jour, on le soigne ou on en meurt. L’homosexualité, on l’a en naissant, on vit malheureux, et on finit par en mourir. Je compare la vie qu’a aujourd’hui son frère, entouré d’une épouse merveilleuse, de deux enfants heureux de vivre…
C’est pour tout cela que votre livre m’a écœuré.
                        Ce n’est pas une lettre anonyme, mes pensées viennent du cœur. »

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Une réflexion sur “"Les Pédés au bûcher", le retour.

  1. le malheureux garçon 😦 et je plains ces gens bien pauvres du coeur et étroits de l'esprit. Vivre dans la haine, l'aigreur, chercher le coupable à incriminer, constamment, plutôt que d'accepter et aimer l'autre tout simplement… quelle perte d'énergie, de temps… quand on sait justement à quel point la vie peut être courte et finir tragiquement, c'est un manque de goût, de classe, de sens de l'essentiel d'en être encore là à un certain âge. Constater de temps à autre, comme en lisant cette lettre, que certains sont encore loin derrière dans l'échelle de l'évolution des consciences, ça ramène à une bien triste réalité. Remarque, loin derrière comme ils sont, ils sont bien placés pour embrasser ton cul, non ? Qui sait, ça leur ouvrira peut-être des horizons !

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